Wednesday, March 4, 2015

SORTIE COMMUNAUTAIRE SUR LE LAC : A LA DECOUVERTE D’UN TERRITOIRE DE MISSION CONSTRUIT SUR L’EAU.


C

e mercredi 25 février 2015, nous, étudiants SMA en ASI (Année Spirituelle Internationale), avons effectué avec nos formateurs, notre première sortie communautaire. Au delà de son aspect de détente, cette sortie revêt aussi une dimension pastorale qui s’inscrit dans le cadre des activités de l’ASI. Mieux elle permet aux étudiants de découvrir et d’expérimenter les différentes facettes de la mission en contexte des plus abandonnés. Bref !

Déjà à 9h, nous sommes sortis du centre Brésillac avec un esprit de missionnaire et en tenues appropriées pour la circonstance. Le temps est vraiment magnifique même s’il fait un peu chaud. Nous nous sommes d’abord mis en mouvement en direction de Ganvié : un grand village situé au sud-est de Calavi à une   trentaine de minutes de navigation sur le lac.

Embarqués, la traversée a été longue et passionnante. En effet, dès le départ, nous nous sommes bien sentis même si le cardio est haut, car pour la plupart d’entre nous, c’est la première fois de voyager en pirogue motorisée. Mais très vite la peur et le stress se sont dissipés pour laisser place à la détente et aux causeries. C’est dans cette atmosphère que nous sommes arrivés dans ledit village à 9h 33 minutes. Nous découvrons un merveilleux village extraordinairement bâtis sur l’eau. Assurément, toutes les circulations, les visites de courtoisie et même le commerce se font dans des pirogues sur l’eau. Les habitations sont sur pilotis en dessous desquels s’amusent les petits enfants dans des pirogues. D’autres s’entrainent à la pêche…

En outre, en traversant ce village nous avons remarqué l’ambiance d’une forte religiosité qui est symbolisée par les monuments de la religion traditionnelle, les temples des sectes et une grande mosquée. Cependant, nous nous sommes dirigés vers la paroisse Saints Pierre et Paul où nous avons été accueillis par le curé, le révérend père Théodore AGBOZO. Celui-ci nous a narré l’histoire fondatrice de ce village qui au départ était purement fétichiste.

En effet, l’ancêtre fondateur du village et sa parenté fuyant leurs ennemis aux environs des années 1700 auraient été emportés par un aigle jusqu’à cet endroit. Etant sauvé, l’ancêtre établit son camp à l’endroit de leur atterrissage qu’il nomma Ganvié, ce qui signifie : « la collectivité est sauvée ». Celui-ci ordonna les siens de construire leurs cases sur pilotis dans le but de désavantager l’ennemi, inhabituel à l’eau. C’est donc cette intention de résister aux adversaires qui explique toutes ces constructions sur le lac qui requiert une certaine technique d’entrer.
            
Cette ingéniosité du fondateur a offert une longue paix à la population. Cependant, dans la moitié du 20ème siècle, précisément en 1962, celle-ci a été confrontée à une forte épidémie de la rougeole qui a instauré une recrudescence du taux de mortalité infantile. Dans l’impossibilité de trouver satisfaction auprès de leurs fétiches, les autorités villageoises ont demandé au cardinal Bernardin GANTIN de leur envoyer quelqu’un pour prier pour eux.
Ainsi, devant l’urgence de la situation, le cardinal a jugé opportun d’envoyer des pères SMA. Ce sont donc les Missions Africaines qui ont fondé la mission sur le lac. Leur pastoral a consisté à aider, assister, secourir, évangéliser... Grâce aux pères SMA, cette station a connu un développement de grande envergure depuis 1995. Devenue paroisse en 2006, elle est aujourd’hui à son troisième curé, le père Théodore AGBOZO lui- même.

De plus, le révérend curé a souligné que les difficultés pastorales restent non moins négligeables. Elles sont dues au syncrétisme, à la polygamie, au manque de planning familial, au mariage forcé, à l’abandon de l’Eglise après les sacrements, etc.
Après ces informations, nous avons visité l’Eglise et le presbytère en construction. Il fait toujours un soleil splendide. Dans la cour de l’Eglise, nous avons profité de quelques instants d’un max de ce soleil pour nous refaire le plein de vitamines D.

Ensuite, nous avons pris la direction de Sô-Tchanhoué, un autre village de même caractéristiques que le premier. C’est ici que se trouve la plus grande Eglise du lac construite par le père André Perrin. A notre arrivée, nous avons été accueillis par les sœurs OCPSP (Oblates Catéchistes Petites Servantes des Pauvres).
L’apostolat de ces religieuses à cet endroit est d’accueillir les jeunes filles fuyant le mariage forcé afin de les aider à retrouver leur quiétude, à apprendre un métier et à se réinsérer. Une dizaine de jeunes filles nous ont fredonnés des mélodies, aux sons des Tam-tams et aux rythmes de la danse locale et traditionnelle. L’accueil est vraiment chaleureux. C’est formidable !

Avec les sœurs et les jeunes filles nous avons ensemble déjeuné et sympathisé. Aussi, avons-nous pris ensemble quelques vues de souvenir. C’est sur cette dernière action qu’à pris fin notre visite à 14h45

Enfin, nous avons repris le chemin pour Calavi. Nous sommes rentrés au séminaire vers 15h30, toujours un grand ciel bleu à l'horizon... C'était une journée sous le signe du soleil avec  une chaleur toujours bien au rendez-vous. 

Tuesday, March 3, 2015

Photos Sports

Quelques photos avant un match de foot.
Some photos before a foot-ball match


Monday, January 26, 2015

Noël à Suya : Accueillir l’Enfant Jésus aux sons et aux rythmes des tambours traditionnels


S
uya est un village bariba situé dans le nord du Bénin. C’est là où, j’ai passé la fête de noël et de nouvel an au milieu de cette population très sociale et charitable dans le cadre d’un stage missionnaire de dix jours.
            Chaque année, les préparatifs de la fête de noël  partout  dans le monde, suscitent de grandes mobilisations dans les communautés chrétiennes. Ils se caractérisent très souvent par une attention particulière et par un grand attachement que beaucoup de personnes accordent à  cette manifestation.
            Cependant, il est vrai que la fête de noël offre l’opportunité aux chrétiens d’accueillir  le pauvre Enfant Jésus, Sauveur de l’humanité dans la simplicité. Elle permet aussi de constater que dans la plupart des cas, cet accueil n’est pas au même diapason de tous.
           
Dans les villes, l’ambiance est généralement festive. Les ménages se pressent pour faire des achats, se procurer de nouveaux habits, décorer l’intérieur des maisons, fabriquer des crèches… Les grandes artères des villes sont inondées des jeux de lumières. Partout sur les vitres des super- marchés et sur des panneaux publicitaires on peut facilement lire quelques graffitis donnant déjà un apéritif à ce qu’on va vivre. Les Eglises sont également décorées avec tout le nécessaire qu’il faut pour rendre la fête agréable. Des instruments de musiques sophistiqués sont installés, l’électricité est permanente et le système de sonorisation rassurante. Les autels et les crèches sont impeccablement et minutieusement enjolivés. Bref, t constatant cela, vous comprendrez sans doute que les gens sont dans une  atmosphère de circonstance particulière.
            Par contre dans le village « Suya » où nous étions, aucun signe de fête. Toutes les activités se poursuivent à la normale. Rien n’est comparable à la réalité citadine que nous venons de décrire. Là, Jésus est accueilli dans une simplicité ordinaire. Pas besoin de luxe ou du confort pour l’héberger. L’essentiel, c’est qu’il naisse parmi nous en cette nuit du 24 décembre. Au sein de la chapelle où nous étions, pas de crèche, pas de lumière, pas de guirlandes, pas de micros, encore moins la décoration. Sinon une chose est certaine. Nous étions persuadés que le Roi de l’humilité a embrassé notre pauvreté et que sa naissance fait briller dans nos cœurs des rayons de joie. Ainsi, nous l’avons donc accueilli aux sons et aux rythmes des tambours traditionnels, sans chanter les « Anges dans nos campagnes » ou encore «  Il est né le divin enfant ». Que c’est formidable !
            Bref, la fête de noël peut être célébrée de plusieurs manières. Mais quand on offre à l’Enfant Jésus le meilleur de nous-mêmes, et quand on l’invite à partager notre pauvreté, les sons de nos tambours le poussent à nous sourire, il dansera à leurs rythmes et restera éternellement dans notre cœur.

Yannick KOUDOUFIO, (DFBB, R.C.A) 
Calavi, Janvier 20015

Fiche d’identité de l’auteur
Nom : KOUDOUFIO
Prénoms : Yannick Johan
Date et lieu de naissance : le 05 juin 1989 à Bangui (Centrafrique)
Lieu actuel : Cotonou (en année spirituelle à calavi)

Profession : étudiant sma